As-SalĂąmu âAlaykum (que la paix soit sur vous). Contexte :Mon pĂšre et mon oncle (le seul frĂšre de mon pĂšre) ont rĂ©cemment partagĂ© entre eux des richesses hĂ©ritĂ©es. Au moment de la distribution, toute ma famille (Ă l'exception de notre pĂšre) n'avait pas de bonnes relations avec notre oncle, en raison de certains affrontements.Mon pĂšre et moi sommes allĂ©s chez mon oncle pour la distribution des richesses. Nous avons demandĂ© quâelle soit faite Ă part Ă©gales. Le terrain le plus prĂ©cieux Ă©tait alors en possession de notre oncle. Mon pĂšre a demandĂ© de sĂ©parer ce terrain en deux parties, mais mon oncle n'Ă©tait pas d'accord. Il a dit qu'il ne le donnerait pas et quâil quitterait la ville si on le demandait. Il nous a alors donnĂ© un terrain beaucoup moins cher. Bien que la superficie totale des terres divisĂ©es entre eux soit Ă©gale, la valeur marchande diffĂšre substantiellement : la part des terres de mon oncle est de 75% et la nĂŽtre de 25%.À cette Ă©poque, mon pĂšre Ă©tait trĂšs en colĂšre contre son frĂšre pour cette distribution (inĂ©quitable), mais il dit maintenant quâil les lui a donnĂ©es volontairement, de sorte que nous ne devrions pas les exiger.Question :1) Cette distribution est-elle correcte ?2) Quelle devrait ĂȘtre notre position Ă propos de notre pĂšre ?3) Mon oncle sera-t-il puni pour cet acte, car il sait que les terres quâil possĂšde sont plus prĂ©cieuses ?JazĂąka Allahu Khrairan (quâAllah vous rĂ©compense).
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Tout d'abord, nous disons que ces questions qui impliquent des diffĂ©rends entre les hĂ©ritiers devraient ĂȘtre renvoyĂ©es aux tribunaux islamiques (dans les pays musulmans), car elles nĂ©cessitent un rĂšglement judiciaire, plutĂŽt qu'une Fatwa (avis religieux).
Cependant, nous pouvons fournir les directives suivantes :
Si les parties de la terre hĂ©ritĂ©e varient en valeur, il est injuste de les rĂ©partir Ă©galement entre les deux fils, sur la base de la superficie, de telle sorte que l'un d'eux obtienne la partie avec la valeur la plus faible et l'autre obtienne celle avec la valeur plus Ă©levĂ©e. Il s'agit d'une division injuste et l'injustice, Ă cet Ă©gard, est liĂ©e Ă deux droits, Ă savoir, le droit d'Allah, le TrĂšs-Haut, qui a interdit l'injustice pour Ses serviteurs et le droit de la personne lĂ©sĂ©e, Ă qui lâon a donnĂ© de force, moins que sa part lĂ©gitime de l'hĂ©ritage. La personne lĂ©sĂ©e a le choix de pardonner, si elle le souhaite, ou d'exiger son droit. Etant donnĂ© que la personne lĂ©sĂ©e a pardonnĂ© cette injustice passĂ©e et a volontairement renoncĂ© Ă son droit en faveur de son frĂšre, la responsabilitĂ© de celui-ci a Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©e et il ne sera pas puni pour cela le Jour de la RĂ©surrection. Cependant, il est toujours responsable du droit d'Allah, le TrĂšs-Haut. Il peut lui pardonner ou le punir, s'Il veut lâun ou lâautre.
Le savant chafĂ©ite Ibn 'AllĂąn, quâAllah lui fasse misĂ©ricorde, a affirmĂ©, dans Al-FutĂ»hĂąt al-RabbĂąniyyah 'ala al-AdhkĂąr an-Nawawiyyah :
« Si la personne lésée a pardonné l'injustice et a exonéré la personne qui lui a fait du tort, la responsabilité de la personne injuste est dégagée du droit de la personne lésée, mais le droit d'Allah demeure (il en sera tenu responsable le Jour du Jugement dernier). » [Fin de la citation]
Ceci est la réponse à votre question, « Mon oncle sera-t-il puni pour cet acte ? » Comme indiqué ci-dessus, cette question sera tranchée par Allah, le TrÚs-Haut. Il peut alors lui pardonner s'Il le veut ou le punir s'Il le veut, à moins qu'il ne se repente sincÚrement à Allah. S'il se repent, Allah, le TrÚs-Haut, acceptera son repentir et pardonnera ses péchés par Sa Miséricorde et Sa Grùce.
Quant Ă votre position Ă l'Ă©gard de votre pĂšre, vous n'avez pas d'autre choix que de lui obĂ©ir et de vous montrer dĂ©vouĂ© envers lui. Vous n'avez pas le droit de rĂ©clamer ce qu'il avait abandonnĂ© Ă son frĂšre parce qu'il avait renoncĂ© Ă son propre droit et non au vĂŽtre. Cependant, cette rĂšgle ne s'applique pas si votre pĂšre a renoncĂ© Ă son droit lors d'une maladie mortelle qui allait probablement se terminer par son dĂ©cĂšs. Il en est ainsi parce que la renonciation Ă des droits est, en substance, un don. Mais un don fait lors d'une maladie mortelle qui risque de se terminer par le dĂ©cĂšs du donateur ne peut excĂ©der un tiers de la valeur de lâhĂ©ritage. Ce qui se situe au-delĂ du tiers doit d'abord ĂȘtre approuvĂ© par ses hĂ©ritiers. Donc, s'il a renoncĂ© Ă son droit (face Ă son frĂšre) lors d'une maladie mortelle susceptible de se terminer par la mort, et que ce droit abandonnĂ© reprĂ©sentait plus du tiers de la succession de votre pĂšre, vous avez le droit de rĂ©clamer ce qui dĂ©passe le tiers du patrimoine.
Et Allah sait mieux.
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